La recherche à l'Institut Lady DavisNovembre 2017

Cibler la démence par l’électrostimulation

Dans le cadre de la lutte continue contre la démence, une équipe de chercheurs à l’Institut Lady Davis (ILD) étudie actuellement la stimulation électromagnétique comme moyen de cibler la maladie en stimulant les impulsions électriques du cerveau.

« Les traitements contre la démence sont limités, tout comme leur efficacité et leur durabilité, souligne le Dr Howard Chertkow, directeur scientifique du Consortium canadien en neurodégénérescence associée au vieillissement et directeur du Centre Bloomfield de recherche sur le vieillissement de l’ILD. Jusqu’à présent, les produits pharmaceutiques ciblant les éléments chimiques du cerveau se sont révélés décevants. C’est pourquoi nous adoptons une différente approche. »

Le Dr Chertkow et son équipe ont terminé une étude pilote de « validation de principe » de la stimulation transcrânienne en courant direct (tDCS) sur dix patients atteints de deux formes de démence particulières, soit l’aphasie anomique (où le symptôme principal est la perte de langage plutôt que la perte de mémoire ) et la démence fronto-temporale (où les protéines tau affectent les régions du langage du cerveau). Malgré la taille limitée de l’échantillon, les résultats étaient suffisamment prometteurs pour justifier une étude plus poussée.

Les patients ont subi un test visant à évaluer leur capacité à nommer des illustrations dans le cadre de 10 séances de 30 minutes, chacune consistant en une stimulation DCS et en une stimulation fictive. Pour assurer l’intégrité des résultats, chaque patient a été soumis à des traitements réels et des traitements fictifs menés en double aveugle. En d’autres termes, ni le chercheur ni le patient ne savaient quand les vrais traitements étaient administrés.

Selon les résultats, les sujets soumis à la stimulation réelle ont démontré une amélioration notable sur une durée de deux semaines à quatre mois au plus. Non seulement leur capacité à nommer les illustrations s’est-elle sensiblement améliorée, mais des changements positifs ont été observés dans leur comportement qui selon, les membres de leur famille, coïncidaient avec le traitement.

« La tDCS peut réduire le seuil auquel les neurones fonctionnent, explique le Dr Carlos Roncero, un boursier postdoctoral travaillant à l’ILD avec le Dr Chertkow. Cela permet à plus de neurones de s’activer plus facilement, ce qui représente une activité neuronale accrue. »

« De toutes les thérapies déjà essayées, celle-ci est la première à produire des améliorations mesurables chez les patients atteints de démence fronto-temporale, de dire le Dr Chertkow. Notre objectif est maintenant de délimiter les paramètres de la thérapie, de mener des essais cliniques plus étendus et de déterminer si la tDCS est assez fiable pour être administrée d’une manière comparable à la dialyse, c’est-à-dire, plusieurs fois par mois. »

Bien que cette thérapie ne soit pas envisagée comme une cure contre la démence, elle pourrait atténuer une foule de symptômes de la maladie et permettre aux familles de maintenir plus longtemps à la maison les êtres qui leur sont chers. Cela améliorerait la qualité de vie des patients tout en réduisant le fardeau sur le système de soins de santé.

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