Juin 2018Nouvelles

Durées de séjour à l’Hôpital raccourcies grâce à un processus de congé simplifié

Les patients de plusieurs unités de l’HGJ peuvent désormais obtenir plus tôt leur congé de l’Hôpital grâce à un projet interdisciplinaire novateur qui a considérablement simplifié le processus de congé.

Cela veut dire que les patients peuvent rentrer à la maison ou être transférés – par exemple à un hôpital de réadaptation ou à une ressource intermédiaire – au moment approprié de leur rétablissement pour éviter de rester plus longtemps que nécessaire à l’HGJ. Par conséquent, non seulement les lits sont libérés plus tôt pour accueillir de nouveaux patients, mais le budget des soins de santé est optimisé.

Selon les chiffres compilés par Isabelle Aumont, chef, Exploitation de l’information et Évaluation de la performance, en décembre 2017, la durée moyenne du séjour de patients ayant obtenu le droit de rentrer à la maison de l’une des unités de médecine interne de l’HGJ était de 10 jours, une baisse notable en comparaison des 13,7 jours enregistrés dans la même unité en décembre 2016.

Membres de l’équipe interdisciplinaire ayant élaboré le nouveau processus de congé de l’HGJ.

Membres de l’équipe interdisciplinaire ayant élaboré le nouveau processus de congé de l’HGJ.

Plusieurs initiatives expliquent ces résultats positifs, notamment la mise sur pied d’une équipe interdisciplinaire – codirigée par Mary Lattas, directrice adjointe des Services multidisciplinaires, et André Poitras, directeur associé en Soins infirmiers – qui a remodelé le processus de congé.

L’équipe a également intégré les pratiques exemplaires prônées par le Advisory Board, une société mondiale de conseils, recherche et technologie qui aide les hôpitaux et réseaux de santé à améliorer la qualité et l’efficacité des soins aux patients. Le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, auquel l’HGJ appartient, est membre du Advisory Board, dont le siège social se trouve à Washington, D.C.

En outre, des progrès considérables ont été enregistrés ailleurs à l’Hôpital. Les chiffres ci-dessous comparent la durée moyenne du séjour à l’Hôpital des patients retournés à la maison en décembre 2017 et ceux rentrés à la maison au mois de février précédent :

  • 13 jours dans l’unité de médecine familiale et d’oncologie, une réduction importante par rapport à 22,6 jours;
  • 3,6 jours dans l’unité de chirurgie orthopédique, par rapport à 6 jours;
  • 7,1 jours dans une autre unité de médecine interne, en comparaison de 13,7 jours.

Mme Lattas souligne aussi que la durée du séjour à l’Hôpital des patients transférés de l’HGJ à d’autres établissements de soins de santé est également plus courte.

Bien qu’il arrive que la durée moyenne du séjour augmente dans certaines unités, selon le type et la gravité de la maladie à traiter, la tendance est généralement à la baisse, a dit Mme Lattas.

Les chiffres ont été tellement impressionnants que le Advisory Board a encouragé l’HGJ à partager ses résultats avec d’autres organismes de santé. Cette initiative a pris la forme d’un webinaire auquel ont été invités l’Institut Fraser, l’Hôpital d’Ottawa et l’Hôpital Queensway Carleton.

Même si les changements touchent principalement la trajectoire des patients à l’intérieur de l’HGJ, le projet a des retombées dans l’ensemble du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, car il améliore le continuum des soins entre l’Hôpital et les autres établissements du réseau.

« Maintenant, les blocages sont gérés pour le thérapeute ou l’infirmière afin d’éviter que ces derniers quittent le patient pour appeler un CLSC, un établissement de réadaptation ou un médecin, ou encore pour faire un suivi sur un test auprès d’un laboratoire. »

Les améliorations ont été réalisées principalement par la révision et la restructuration des rôles et responsabilités de certains membres du personnel infirmier et d’autres professionnels de la santé, comme ceux de la chef adjointe du Service de physiothérapie, de la coordonnatrice de l’ergothérapie et des coordonnateurs des Services sociaux, explique Mme Lattas.

Maxine Lithwick, coordonnatrice, Services sociaux et Pratique professionnelle, souligne que le « projet a amélioré toute la trajectoire des soins, en commençant par l’admission. Par exemple, au lieu d’apprendre qu’il faut transférer un patient dans un centre de réadaptation un jour ou deux avant son congé, cette option est envisagée bien plus tôt afin que la bonne solution soit mise en place à l’avance ».

Dans le cadre du nouveau processus, chaque patient est affecté à deux leaders en planification de congé – une infirmière et un professionnel de la santé – qui travaillent de concert avec les autres membres de l’équipe de soins au patient, précise Suzette Chung, infirmière coordinatrice en planification de congé d’hôpital. Les tâches de ces leaders comprennent de cerner les obstacles, les problèmes systémiques ou les retards dans le processus de congé qui pourraient perturber la prestation des soins au patient et sa sortie à temps de l’Hôpital.

Mme Chung explique que la gestionnaire de la trajectoire des patients, Maria Kozma, participe également au processus, en évaluant l’ensemble des besoins des patients puis en aidant à éliminer ou à réduire les obstacles ou blocages dans le système qui pourraient prolonger inutilement leur séjour à l’Hôpital.

Par ailleurs, lorsque le patient obtient son congé, il a accès à un intervenant du Réseau, précise Joanne Besner, directrice du programme de soins à domicile. Si le CLSC local connaît déjà le patient, l’intervenant du Réseau s’assure que l’équipe de l’Hôpital communique avec un gestionnaire de cas au CLSC pour déterminer si des soins à domicile sont requis et le cas échéant, comment les organiser. Si le patient n’a pas de dossier au CLSC, il revient à l’intervenant d’évaluer si des soins à domicile sont requis ou quels autres services doivent être offerts.

Ce processus remodelé offre le grand avantage d’accorder aux cliniciens plus de temps à consacrer aux soins au patient, souligne Lynn Gillespie, chef adjointe du Service de physiothérapie. « Avant, certains cliniciens ne géraient pas du tout les difficultés, ou les géraient aux dépens des soins directs au patient. »

« Maintenant, les blocages sont gérés pour le thérapeute ou l’infirmière afin d’éviter que ces derniers quittent le patient pour appeler un CLSC, un établissement de réadaptation ou un médecin, ou encore pour faire un suivi sur un test auprès d’un laboratoire. »

« La participation de divers membres du réseau autour de la table promeut la communication et brise le travail en silo, poursuit Mme Besner. Il en ressort une meilleure connaissance du travail de chaque membre du personnel et, en définitive, une meilleure compréhension des besoins du patient à chaque étape de la trajectoire des soins. »

Previous article

La robotique élimine les risques opératoires pour les aînés et obèses

Next article

Prix pour carrière exemplaire décerné au Dr David Rosenblatt

No Comment

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *