Articles vedettesMai 2018

Être rabbin dans un hôpital « n’est pas un emploi, c’est un mode de vie »

C’est le soir à l’Hôpital général juif (HGJ) et un groupe d’enfants s’affaire à décorer un étage du Pavillon K avec des cartes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Peintes à la main et formulant des vœux de bon rétablissement, les cartes visent à apporter un peu de bonheur aux patients.

Les enfants sont accompagnés de leurs parents et du rabbin Barak Nissim Hetsroni, l’aumônier et conseiller spirituel de l’Hôpital.

« Allons voir le patient à la chambre 31 », propose le rabbin Hetsroni en souriant à son petit groupe. La chambre est occupée par un vieil homme entouré de trois membres de sa famille, assis près de la fenêtre.
« Je vous amène des jeunes visiteurs, dit le rabbin Hetsroni à l’homme, tout comme vous le réclamiez. »

« Wow », murmure ce dernier.

S’approchant du lit, les enfants offrent quelques cartes au patient qui sourit, les yeux humides.

« Aimeriez-vous que mon fils joue une chanson? », demande une mère en se tournant vers son fils qui porte un étui de guitare de type sac à dos.

L’homme hoche faiblement la tête et l’air de l’Hymne à la joie emplit la pièce. Tout le monde est silencieux, sauf le patient qui fredonne la mélodie.

« Merci, merci, s’exclame un membre de la famille. Nous ne nous serions jamais attendus à ça! »

Ce genre d’activité fait partie des priorités du rabbin Hetsroni qui, depuis son entrée en fonction en juillet 2017, a lancé une foule d’événements pour engager les patients, le personnel et les familles.

« Mon objectif est d’organiser des visites de groupes d’élèves de différentes écoles et plus tard, d’en faire un programme hebdomadaire. Pour commencer, les visites se faisaient principalement avant les fêtes juives. »

« Ce qui me plaît le plus, c’est d’avoir la possibilité d’apporter des changements dans la vie des gens, lorsqu’ils sont le plus vulnérables. »

Pour Hanoukka, en décembre, le rabbin Hetsroni a fait venir plus de 300 élèves bénévoles, dont une chorale. Au programme, chants pour divertir les patients, distribution de beignets traditionnels de Hanoukka, saufganiyot, aux patients et au personnel et enfin, séances d’art et d’artisanat.

« La réaction des patients, des employés et des familles a été très positive », note le rabbin.

À Pourim, en mars, environ 400 paniers-cadeaux ont été distribués aux patients et employés par un groupe de bénévoles.  Le rabbin Hetsroni a aussi planifié trois activités, dont une fête de Pourim à laquelle 60 personnes ont assisté.

« Lentement mais sûrement, je commence à connaître les employés de tous les services. Maintenant, quand je leur parle de nos événements, je sens qu’un lien personnel s’est établi entre nous. Quelques membres du personnel m’ont même dit que c’était la première fois de leur vie qu’ils assistaient à une fête de Pourim et ce parce que je les ai y invités personnellement. »

Même si le rabbin Hetsroni privilégie souvent les activités à thématique juive, il souligne être au service des patients de toutes origines. Bien des clergés effectuent des visites à l’Hôpital, et la chapelle (synagogue) au 6e étage du Pavillon B accueille les employés, patients et visiteurs de toutes confessions.

Conseiller les patients sur des sujets d’ordre spirituel, leur rendre visite, répondre aux questions d’éthique médicale et organiser les services de prières juives font partie des autres responsabilités du rabbin.

« Ce n’est pas un travail pour moi, explique-t-il, c’est un mode de vie. Ce qui me plaît le plus, ajoute-t-il, sourire aux lèvres, c’est d’avoir la possibilité d’apporter des changements dans la vie des gens, surtout dans leurs heures les plus difficiles, lorsqu’ils sont le plus vulnérables. »

« Les visites sont particulièrement exigeantes, dit-il, parce que je ne peux pas aider autant de personnes que j’aimerais. Et quoi qu’on fasse, lorsque la personne qu’on a aidée s’éteint, ça fait mal. »

Le rabbin Hetsroni travaille sur plusieurs autres projets à long terme, notamment le développement d’une application pour les Services de bénévolat et pastoraux qui pourra, entre autres, traiter les demandes de services de prières et de visites. Il entend également rédiger et distribuer des brochures promouvant ses services et les possibilités de bénévolat disponibles.

« Je tiens à ce que tous les patients soient informés de nos services et qu’ils les utilisent autant que possible. Les gens ne doivent pas hésiter à m’appeler à toute heure.»

Previous article

Les étudiants bénévoles embrassent l’intensité des soins intensifs

Next article

Hommage provincial à une inhalothérapeute de l’HGJ

No Comment

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *