La recherche à l'Institut Lady DavisNovembre 2017

Évaluer l’effet de la fragilité sur l’issue de chirurgies cardiaques

Le Dr Jonathan Afilalo a entrepris des recherches poussées sur l’incidence de la fragilité dans les résultats de chirurgies cardiaques. Cardiologue à l’HGJ traitant un grand nombre de patients âgés, le Dr Afilalo s’intéresse particulièrement aux personnes fragiles souffrant d’une maladie du cœur.

Le Dr Afilalo cherche également le meilleur moyen de mesurer la fragilité afin de mettre au point un plan de traitement optimal pour ses patients. Il s’agit d’une exigence cruciale, car l’évaluation précise de la fragilité pourrait servir comme outil de pronostic pour déterminer si un patient est apte à bien se rétablir d’une intervention chirurgicale.

Dans le cadre de ses recherches, le Dr Afilalo a évalué sept échelles de mesure de la fragilité afin de prévoir comment les patients âgés se rétabliraient de deux interventions chirurgicales cardiaques, soit le remplacement percutané de la valve aortique et le remplacement chirurgical de la valve aortique. Dirigée par l’HGJ, une étude clinique menée dans 14 établissements sur plus de 1 000 patients âgés en moyenne de 82 ans a révélé que la fragilité représentait un risque important de décès et d’incapacité suite à ces deux interventions chirurgicales.

« En raison du manque d’un réel consensus entre les cliniciens sur les moyens d’évaluer objectivement la fragilité, nous avons comparé différentes mesures de la fragilité, explique le Dr Afilalo. L’échelle que nous avons mise au point, nommée Essential Frailty Toolset (outil d’évaluation de la fragilité), s’est révélée le meilleur prédicteur des résultats. »

L’outil consiste en une échelle de quatre mesures visant à évaluer la faiblesse des membres inférieurs, la déficience cognitive, l’anémie à caractère sidéroblastique (hémoglobine) et la sérum-albumine.

« Ces mesures nous permettent d’une part de personnaliser la thérapie en fonction de chaque patient pour accélérer leur rétablissement après cette intervention majeure et d’autre part, d’améliorer leur qualité de vie au bout d’un ou deux ans », précise le Dr Afilalo.

« Bien que la grande majorité des patients survivent à l’opération, leur santé commence à se détériorer dans les mois suivant l’intervention, largement en raison de leur fragilité et de leur déconditionnement. Ainsi, les patients très frêles pourraient mieux réagir à des traitements moins effractifs ou encore bénéficier de soins de réadaptation et de suppléments nutritifs avant et après la chirurgie. »

« Cette approche multidisciplinaire que nous adoptons à l’HGJ est essentielle à l’optimisation des soins prodigués aux patients. Elle s’appuie sur les efforts concertés des physiothérapeutes, nutritionnistes, gériatres, cardiologues et chirurgiens cardiaques. »

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