Avril 2018Événements marquants

In memoriam: Dr Philip Gordon

Un pionnier canadien en matière d’interventions chirurgicales colorectales

Le Dr Philip Gordon (à droite) en salle d’opération.

Le Dr Philip Gordon (à droite) en salle d’opération.

Les membres du Conseil d’administration et les membres du personnel de l’Hôpital général juif ont été profondément attristés par l’annonce du décès du Dr Philip Gordon, premier chef de la Division de chirurgie colorectale à l’HGJ, président fondateur de la Société canadienne des chirurgiens du côlon et du rectum, et sommité mondiale dans son champ d’activité.

Le Dr Gordon, âgé de 75 ans, est décédé le 11 avril après une lutte courageuse contre le cancer. Après être entré au service de l’HGJ, en 1974, il est devenu notoire pour sa vivacité d’esprit, mais surtout pour sa compassion envers les patients dont il a profondément transformé la vie. Même après avoir quitté ses fonctions de chef de la Division de chirurgie colorectale, en 2013, il a continué de jouer un rôle actif au sein de cette Division.

En octobre 2017, la carrière prestigieuse du Dr Gordon a été reconnue par un Prix d’excellence pour l’ensemble de ses réalisations, décerné par l’Université McGill, où il a été professeur de chirurgie et d’oncologie, et directeur de la Division de chirurgie du côlon et du rectum. Ce prix reconnaît l’apport considérable du Dr Gordon à la recherche, à l’enseignement et aux soins prodigués aux patients. Le drapeau de l’Université McGill a été mis en berne le 16 mai, en son mémoire.

À l’Université McGill, en octobre 2017, le Dr Philip Gordon prononce son discours d’acceptation du Prix d'excellence pour l'ensemble de ses réalisations.

À l’Université McGill, en octobre 2017, le Dr Philip Gordon prononce son discours d’acceptation du Prix d’excellence pour l’ensemble de ses réalisations.

Le Dr Gordon a été honoré par nombre de prix et il a occupé plusieurs rôles de direction. Il a été la seule personne qui n’était pas citoyen des États-Unis à être élu président de la American Society of Colon and Rectal Surgeons (qui l’a nommé Maître en chirurgie colorectale), et président du American Board of Colon and Rectal Surgeons. Le Dr Gordon est également coauteur d’un manuel considéré comme une source de référence exhaustive faisant autorité en matière de chirurgie colorectale.

Le Dr Gordon a reçu son diplôme en médecine à l’Université de Saskatchewan; il a effectué sa formation en chirurgie générale à l’HGJ et à l’Hôpital Montefiore, à Pittsburgh. Par la suite, il a poursuivi une formation spécialisée en chirurgie colorectale, à l’Université du Minnesota et à l’Hôpital St. Mark’s, à Londres, en Grande-Bretagne, deux établissements notoires pour être parmi les meilleurs centres de formation au monde dans ce domaine.

Pendant toute sa carrière, le Dr Gordon s’est efforcé d’améliorer la qualité des soins prodigués aux patients. Il a été l’un des premiers chirurgiens au Canada à promouvoir activement la spécialité de chirurgie colorectale, et est devenu le principal architecte de l’établissement de la Société canadienne des chirurgiens du côlon et du rectum.

Combinant l’espièglerie à un profond désir d’éduquer, le Dr Philip Gordon (à gauche) a apporté le « Côlon colossal » à l’HGJ, en 2005. Son exposition itinérante utilise une reproduction gigantesque d’un côlon, dans lequel les visiteurs peuvent pénétrer, pour rehausser la sensibilisation envers le cancer du côlon. Il est ici en compagnie de James Alexander, président du Conseil d’administration de l’HGJ.

Combinant l’espièglerie à un profond désir d’éduquer, le Dr Philip Gordon (à gauche) a apporté le « Côlon colossal » à l’HGJ, en 2005. Son exposition itinérante utilise une reproduction gigantesque d’un côlon, dans lequel les visiteurs peuvent pénétrer, pour rehausser la sensibilisation envers le cancer du côlon. Il est ici en compagnie de James Alexander, président du Conseil d’administration de l’HGJ.

Défenseur passionné de l’importance de fournir aux médecins une meilleure compréhension des sentiments et des besoins des patients, le Dr Gordon a décrit sa propre lutte contre le cancer dans un article du numéro de mars 2018 du journal Diseases of the Colon & Rectum. « Le but principal de ce témoignage est d’encourager les médecins à se familiariser davantage avec les médicaments [chimiothérapie] utilisés, afin d’être en mesure de mieux expliquer à leurs patients ce à quoi ils doivent s’attendre. Les médecins doivent donner de l’espoir, mais ils doivent également être réalistes ».

Le Dr Gordon ajoute, d’un point de vue plus personnel, que « pendant toutes mes années de pratique, j’ai mis en place des protocoles pour plusieurs patients. J’ai parlé aux patients, mais en rétrospective, je comprends que je n’ai pas fait un très bon travail. Ce n’était pas par manque de compassion envers les patients, parce que j’étais compatissant. Ce n’était pas parce que je ne consacrais pas suffisamment de temps à chaque patient, parce que je prenais le temps nécessaire. Ce n’était pas parce que j’étais mal à l’aise devant cette maladie, parce que je ne l’étais pas ».

« C’était simplement parce que je n’étais pas dans la peau de ces patients, et la seule personne qui peut comprendre les effets secondaires, est celle qui les subit. La mise en garde exhortant qu’il faut se mettre dans la peau de l’autre signifie qu’il faut comprendre ce que cette personne a vécu, les défis qu’elle a relevés et sa manière de penser. En définitive, il s’agit d’un rappel qu’il faut faire preuve d’empathie.»

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