Octobre 2018Première personne du singulier

La retraite peut attendre quand il s’agit de guider les Auxiliaires de l’HGJ et d’aider les patients

Nancy Rubin, directrice des Auxiliaires de l’HGJ, en compagnie des membres de la troupe Dr Clown, Zoé (Michèle Sirois) et Frankie (Jean-François Leblanc). L’Organisation des bénévoles recueille les fonds qui permettent aux patients et aux membres du personnel de profiter chaque semaine de l’humour thérapeutique de ces comédiens.

Dans le roman, Le monde selon Garp, de John Irving, une remarque perspicace décrit élégamment mon parcours fortuit vers l’Organisation des auxiliaires de l’HGJ : « Vous progressez seulement en arrivant à la fin d’une chose pour ensuite commencer autre chose. » (“You only grow by coming to the end of something and by beginning something else.”)

En 2006, j’envisageais de mettre un terme à ma carrière de 35 ans, et de suivre l’exemple de mon mari Donny en prenant une retraite bien méritée. Mais le destin en a décidé autrement, et j’ai compris que j’étais sur le point de ‘commencer autre chose’, comme l’a si bien dit John Irving.

Je suis ravie que mon poste de directrice des Auxiliaires de l’HGJ m’ait offert la possibilité inestimable d’aider les autres tout en continuant de progresser. Depuis 12 ans, j’ai le privilège de faire partie d’une équipe engagée de bénévoles et de professionnels généreux de haut niveau qui s’efforcent d’améliorer la vie des patients de notre hôpital.

Plus jeune, je n’avais aucun objectif de carrière en particulier. Au milieu des années 1960, quand j’étais à l’école secondaire, une foule de choses m’intéressaient, mais il n’y avait pas de CÉGEP pour aider les étudiants à mieux définir ce qui les intéressait dans un contexte académique.

Je savais seulement que je voulais travailler auprès d’organismes communautaires. L’influence de mes parents, Beatrice et Saul Glassman, qui avaient tous deux un rôle de leadership au sein de notre synagogue et d’autres groupes communautaires, avait visiblement laissé une empreinte sur la manière dont j’envisager ma vie.

À la fin des années 1960, j’avais complété un programme en relations publiques et marketing, à l’université McGill, travaillé pendant l’été dans un cabinet d’avocats et à Dun & Bradstreet, où j’avais effectué des recherches au sujet de différentes entreprises. Ce parcours avait préparé le terrain pour ce qui serait une série de défis fascinants et stimulants au cours des prochaines décennies.

C’est très gratifiant de perpétuer le patrimoine et les valeurs qui existent depuis la fondation des Auxiliaires, en 1936.

L’un des faits saillants de ma carrière a eu lieu au milieu des années 1990, quand j’étais directrice de projet à l’université McGill, chargée d’organiser le Forum international pour la protection de l’enfance. Cette remarquable conférence de cinq jours portait sur la défense juridique des enfants, et réunissait plus de 200 délégués provenant de plus de 30 pays. La planification de cet événement s’est avérée très complexe, puisqu’il fallait communiquer avec des personnes du monde entier à une époque où les courriels étaient presque inexistants et les télécopieurs plutôt rares.

Par la suite, à la fin des années 1990, j’ai occupé le poste de coordinatrice des événements spéciaux auprès de B’nai Brith Canada, pendant trois ans. Dans le cadre de mes fonctions, je devais notamment organiser une foule d’événements de financement, y compris des dîners officiels, des galas et des spectacles mémorables mettant en vedette des personnalités comme Jackie Mason, Don Rickles, Donny Osmond et Itzhak Perlman.

« Mémorable » est également le mot qui décrit parfaitement mes quatre années comme directrice générale nationale de Maccabi Canada, au cours desquelles j’ai préparé la participation de notre pays aux 16e Maccabiades (Jeux Maccabée), en Israël, en 2001. Après avoir collaboré étroitement avec les entraîneurs, les athlètes, les parents et les planificateurs, j’ai ressenti une vive émotion lors de la cérémonie d’ouverture en entrant dans le stade de Ramat Gan avec la délégation canadienne aux côtés des participants juifs des quatre coins du monde!

Et, parlant de sports, l’un de mes plus beaux souvenirs est lié au Centre de développement Yaldei, où j’ai été directrice du développement, de 2002 à 2006. Dans le cadre de nos efforts pour appuyer les enfants qui ont des besoins spéciaux, mon équipe et moi avons collaboré avec la Fondation des Canadiens pour l’enfance pour acheter un autobus scolaire de 18 places. Lors de l’inauguration officielle, les premiers passagers étaient d’anciens joueurs des Canadiens, et quand l’autobus est arrivé devant l’école, Jean Béliveau a été la première personne à descendre de l’autobus pour saluer les enfants.

À la fin de ce mandat, Evy Uditsky, une amie de l’ancienne présidente de l’Organisation des auxiliaires, a transformé ma vie en m’encourageant vivement à postuler le poste de directrice de cet organisme. J’ai d’abord hésité, parce que la retraite me tendait les bras, et j’avais déjà refusé des offres d’autres organisations. Mais Evy a été tellement persuasive que je me suis dit : « Pourquoi pas? J’ai encore de belles années devant moi ». À ma grande surprise, j’ai obtenu le poste et Evy avait raison : c’est parfait!

En effet, chaque soir, je rentre à la maison en sentant que ce mon équipe et moi accomplissons ensemble a une réelle incidence. C’est également très gratifiant de perpétuer le patrimoine et les valeurs qui existent depuis la fondation de l’Organisation des auxiliaires, en 1936. Certains programmes, comme Dr Clown, remontent le moral des patients et des membres du personnel tandis que d’autres procurent à l’Hôpital l’équipement dont nous avons grandement besoin, comme notre Fonds des petits miracles, à l’appui de l’Unité de soins intensifs néonataux.

Est-ce que je regrette de ne pas avoir pris ma retraite il y a 12 ans? Absolument pas! Regardez tout ce que j’aurais raté! Comme John Lennon l’a si bien dit dans l’une de ses chansons, « La vie est ce qui se passe pendant que vous êtes occupé à planifier autre chose».

Nancy Rubin
Directrice, les Auxiliaires de l’HGJ

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