Juin 2018Nouvelles

La robotique élimine les risques opératoires pour les aînés et obèses

Des décennies de pratique confirment la valeur de la chirurgie robotisée, déclarent les intervenants de la conférence à l’HGJ

La chirurgie robotisée est devenue si efficace qu’elle transforme, au sens figuré, les patients âgés et obèses en personnes plus jeunes et plus minces, a révélé une conférence nationale tenue à l’HGJ.

Participants à la conférence sur la chirurgie robotisée (de la gauche) Jean-Luc Trahan, Michael Flinker, Dr Franck Bladou, Dr Lawrence Rosenberg, Dr Walter Gotlieb et Dr Randy Fagin.

Participants à la conférence sur la chirurgie robotisée (de la gauche) Jean-Luc Trahan, Michael Flinker, Dr Franck Bladou, Dr Lawrence Rosenberg, Dr Walter Gotlieb et Dr Randy Fagin.

En effet, selon le Dr Walter Gotlieb, directeur de la Division de gynécologie oncologique à l’HGJ, tous les facteurs de risque associés à une opération, notamment perte sanguine, complications chirurgicales, durée de l’intervention et temps de séjour à l’hôpital, sont plus élevés pour les patients de plus de 70 ans.

Or, le robot nous permet « d’égaliser le facteur de risque associé à l’âge », a expliqué le Dr Gotlieb. C’est comme si « le robot neutralisait les risques », a-t-il ajouté en parlant des patients obèses qui, autrement, ne seraient pas candidats à une opération.

C’est le 13 juin, à l’amphithéâtre Block, que le Dr Gotlieb et d’autres invités ont participé à la toute première conférence sur la chirurgie robotisée tenue à l’HGJ, également diffusée par vidéo pour les participants à Ottawa et en Alberta.

Dans la division du Dr Gotlieb, la comparaison des interventions chirurgicales pratiquées avant et après l’acquisition du robot chirurgical de l’Hôpital en 2008 a révélé des résultats probants sur la période de neuf ans :

  • Baisse de 80 pour cent des séjours à l’Hôpital;
  • Baisse de 75 pour cent des pertes sanguines;
  • Réduction de 70 pour cent de tous les types de complications;
  • Diminution considérable du recours aux médicaments antidouleur—allant du simple Tylenol à la morphine.
Dr Walter Gotlieb

Dr Walter Gotlieb

Le Dr Gotlieb a également souligné des baisses notables du coût par événement de soin depuis le lancement de la chirurgie robotisée à l’HGJ, soit de 9 000 $ pour le cancer de l’ovaire,  de 4 000 $ pour le cancer du col de l’utérus et de 3 000 $ pour le cancer de l’endomètre. Selon lui, sur cette période de neuf ans, l’utilisation du robot pour traiter divers types de cancers gynécologiques aurait engendré des économies de 3,5 millions de dollars pour l’HGJ (excluant le coût d’achat du robot, couvert par la Fondation de l’HGJ).

Le Dr Gotlieb et sa collègue à l’HGJ, la Dre Susie Lau, font partie de la poignée de chirurgiens en Amérique du Nord à pratiquer une forme de chirurgie robotisée avancée pour traiter les cancers gynécologiques. Ces opérations, menées l’HGJ depuis le mois de décembre 2017,  consistent à insérer tous les instruments chirurgicaux dans l’abdomen au moyen d’une petite incision ombilicale.

Selon le Dr Lawrence Rosenberg, président-directeur général du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, bien que le robot chirurgical soit une percée technologique majeure, on ne peut pas échapper à un fait fondamental : il reste un outil.

« Même s’il dépasse de loin l’humble domaine des instruments rudimentaires comme le scalpel et le clamp, il reste un outil. Il mérite d’être l’objet de notre attention seulement dans la mesure où il permet de soulager la douleur du patient et d’améliorer sa qualité de vie. »

Le Dr Rosenberg, qui a présidé la conférence, a dit avoir « hâte de découvrir les merveilles que nous réserve l’avenir. Toutefois, ce qui importe vraiment, c’est l’avenir qui attend le patient dans les semaines, les mois et les années suivant l’intervention robotisée. »

Dr Franck Bladou

Dr Franck Bladou

Parmi les témoignages personnels entendus pendant la conférence sur les effets de la chirurgie robotisée, ceux de deux Montréalais traités pour un cancer de la prostate ont retenu l’attention de l’auditoire. Michael Flinker a dit avoir refusé une chirurgie ouverte en 2009, parce que l’hôpital de Montréal auquel son médecin était affilié n’avait pas encore de robot.

M. Flinker a donc décidé de se rendre à Celebration, en Floride, pour subir l’opération, qui s’est si bien passée qu’il a eu son congé de l’hôpital dans les 24 heures et était en mesure de marcher au moins 3 kilomètres 48 heures plus tard. Au bout de neuf semaines, il avait surmonté son incontinence, et le problème de dysfonction érectile ne s’est « quasiment pas posé ».

M. Flinker a dit être chanceux d’avoir les moyens de payer le voyage et l’opération, mais ce n’est pas le cas de nombreux Canadiens traités dans des hôpitaux qui n’ont pas les fonds pour acheter un robot. « Il est impératif que le gouvernement comprenne l’importance du robot – c’est urgent. Et il est impératif d’écouter les patients, parce que les résultats sont éloquents. »

Jean-Luc Trahan, qui a subi une chirurgie robotisée en 2010, a aussi insisté sur le fait que le « gouvernement doit prendre une décision ». Pour lui, le robot a répondu à ses attentes, soit de réduire son séjour à l’hôpital, de pouvoir récupérer plus rapidement et d’être en mesure de reprendre le travail sans tarder.

Également présents à la conférence :

  • Le Dr Franck Bladou, chef du Service d’urologie de l’HGJ, a expliqué que la courbe d’apprentissage pour maîtriser la chirurgie robotisée est bien plus courte que pour acquérir le même niveau d’expertise en chirurgie laparoscopique. Selon la recherche, pour pratiquer une prostatectomie radicale de haute qualité au moyen de techniques laparoscopiques, le chirurgien doit pratiquer environ 750 interventions. Or, a dit le Dr Bladou, il n’en faut qu’une centaine pour acquérir le même niveau de compétence en chirurgie robotisée.
  • Le Dr Randy Fagin, vice-président du Service de chirurgie robotisée et d’orthopédie de la Health Corporation of America, société sise à Nashville, est si confiant en l’avenir de la chirurgie robotisée qu’il a acheté plus de 400 robots pour ses 180 hôpitaux et 200 centres d’endoscopie ambulatoires à l’échelle des États-Unis et du Royaume-Uni. Le Dr Fagin, urologue, a souligné d’autres avancées à venir, incluant la capacité du robot à montrer au chirurgien — en temps réel pendant l’intervention — l’emplacement exact de tumeurs, de tissus spécifiques et des voies exactes des nerfs les plus fins et délicats du cerveau.
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