Mars 2018Pleins feux

L’HGJ devient un chef de file au Canada en pratiquant une opération robotisée avancée pour traiter un cancer gynécologique

L’HGJ est le premier hôpital au Canada, et l’un des rares au monde, à utiliser une technique avancée d’intervention chirurgicale robotisée pour traiter les cancers gynécologiques, au cours de laquelle tous les instruments médicaux sont insérés dans l’abdomen par le biais d’une incision minuscule dans le nombril.

Dr Walter Gotlieb

Dr Walter Gotlieb

En effet, précédemment, quand les interventions chirurgicales pour les cancers gynécologiques étaient effectuées à l’aide d’un robot à l’HGJ, plusieurs petites incisions étaient pratiquées dans l’abdomen et un instrument robotique était inséré dans chacune des incisions.

Cette nouvelle technique, connue sous le nom d’opération par accès unique, est moins douloureuse et permet à la patiente de récupérer plus rapidement. Elle offre également l’avantage psychologique accrue de ne laisser qu’une cicatrice de un pouce dans le nombril, presque invisible, qui ne sera pas un rappel visible pour la patiente, et pour ceux qui l’entourent, qu’une intervention chirurgicale pour le cancer a eu lieu.

Entre décembre 2017 (quand cette technique a été adoptée) et mars 2018, quatre opérations pour des cancers gynécologiques ont été effectuées à l’HGJ. Selon le Dr Walter Gotlieb, directeur de la Division de gynécologie oncologique à l’HGJ, toutes les patientes ont bien récupéré et été en mesure de rentrer chez elles dans les 24 heures suivant l’opération.

Parmi ces dernières, Suzanne Paillé qui est maintenant en bonne santé après avoir été opérée par accès unique à la mi-décembre par la Dre Susie Lau, une collègue du Dr Gotlieb. Madame Paillé dit qu’après l’intervention chirurgicale, qui a eu lieu le matin, elle a passé la nuit à l’Hôpital et a pu rentrer chez elle dès le lendemain.

« Tout m’a été très bien expliqué avant l’opération, et tout s’est passé exactement comme on me l’avait expliqué. Les renseignements fournis m’ont mis en confiance pour subir l’opération, et la Dre Lau a fait un excellent travail », se souvient Madame Paillé.

Elle ajoute qu’elle a éprouvé un peu de douleur par la suite, « mais rien de grave. J’ai seulement voulu aller me coucher quand je suis arrivée chez moi ». Trois semaines plus tard, un résident lui a confirmé qu’elle était en bonne santé et lui a demandé de revenir en juillet pour un examen de suivi.

Vue rapprochée des instruments d’un robot chirurgical qui ont été insérés dans l’abdomen par le biais d’un dispositif spécial placé au-dessus d’une incision de un pouce pratiquée dans le nombril.

Vue rapprochée des instruments d’un robot chirurgical qui ont été insérés dans l’abdomen par le biais d’un dispositif spécial placé au-dessus d’une incision de un pouce pratiquée dans le nombril.

« J’ai une petite cicatrice dans le nombril », dit Madame Paillé, « mais on ne la voit presque pas ».

« Quand j’étais étudiant en médecine, la doctrine était ‘plus la cicatrice est grande, meilleur est le chirurgien », se souvient le Dr Gotlieb. « Cette doctrine a fondamentalement évolué pour devenir ‘plus la cicatrice est petite, meilleur est le chirurgien. Éventuellement, elle deviendra, ‘l’absence de cicatrice est ce qu’il y a de mieux pour le patient’. C’est l’objectif que nous espérons réaliser ».

Le Dr Gotlieb et la Dre Lau ont effectué des interventions chirurgicales par accès uniques à l’HGJ, après avoir suivi une formation spéciale pour apprendre cette technique. Toutefois, ils précisent qu’ils bénéficient de la collaboration étroite de leur équipe, y compris de la Dre Shannon Salvador (du Service d’obstétrique et de gynécologie), de Nancy Drummond (infirmière pivot en gynécologie oncologique), de Jérémie Abitbol (de l’Institut Lady Davis), des titulaires de bourses postdoctorales, des résidents et du personnel, ainsi que de la vision novatrice de l’administration et de la Fondation de l’Hôpital.

Le Dr Gotlieb note que la Dre Lau et lui ont été en mesure de faire ce pas de géant en raison de leur expérience exhaustive en matière d’opération robotique, acquise dans le cadre de près de 1 400 opérations robotiques effectuées à l’HGJ depuis que l’Hôpital a acquis cette technologie, en 2007. À la suite de cette percée, ils ont publié 28 articles révisés par leurs pairs, rédigé six chapitres dans différents livres de référence, reçu 110 invitations comme conférenciers et supervisé l’implantation de 22 programmes robotiques à l’échelle nationale et internationale.

Selon le Dr Gotlieb, les seuls autres endroits au monde qui ont annoncé l’utilisation d’opérations par accès unique pour un cancer gynécologique sont l’Hôpital Johns Hopkins, à Baltimore (information publiée à propos de 20 cas), l’Université Catholique, à Rome (23 cas) et un centre médical, à Séoul (un cas).

Vue typique de l’intérieur de l’abdomen d’un patient transmise par la caméra du robot chirurgical à l’écran du chirurgien lors d’une intervention chirurgicale par accès unique. En utilisant les contrôles robotiques à gauche et à droite, le chirurgien peut manipuler les instruments.

Vue typique de l’intérieur de l’abdomen d’un patient transmise par la caméra du robot chirurgical à l’écran du chirurgien lors d’une intervention chirurgicale par accès unique. En utilisant les contrôles robotiques à gauche et à droite, le chirurgien peut manipuler les instruments.

Pendant chacune des opérations d’une durée de deux à trois heures, les chirurgiens ont fait l’ablation de l’utérus, des ovaires et des trompes de Fallope de la patiente. De plus ils ont prélevé les ganglions sentinelles, qui sont examinés par la suite afin de déterminer si le cancer s’est répandu et, le cas échéant, jusqu’où.

Une intervention chirurgicale par accès unique est « plus complexe », dit le Dr Gotlieb, parce que le chirurgien n’a pas la facilité ou la souplesse d’insérer les instruments robotiques par le biais de plusieurs incisions. Toutefois, pour le bien de la patiente, « nous sommes prêts à faire des compromis sur la souplesse et à accepter des contraintes accrues ».

Une autre raison majeure de faire cet effort, de dire le Dr Gotlieb, est que les interventions par accès unique constituent un tremplin clé dans notre cheminement vers la forme ultime d’opération sans cicatrice : la capacité d’insérer un outil robotique par le biais de l’un des orifices naturels du corps, comme la bouche, le vagin ou le rectum, et d’effectuer une intervention chirurgicale sans couper la peau.

Voici les étapes vers la réalisation de cet objectif :

  • Opérations par accès multiples: la norme presque partout au monde, mais de laquelle l’HGJ « s’éloigne » maintenant, lors desquelles les différents instruments robotiques sont insérés dans l’abdomen par le biais de plusieurs petites incisions.
  • Opérations par accès unique: lancée récemment à l’HGJ, cette intervention consiste à effectuer une seule incision de un pouce dans le nombril par le biais de laquelle plusieurs instruments robotiques sont insérés dans l’abdomen.
  • Opérations par canule simple et accès unique: une intervention effectuée seulement à titre expérimental pour le moment (et pas encore à l’HGJ). Encore une fois, le nombril est le point d’accès. Toutefois, le seul outil inséré dans l’abdomen est un mince tube métallique (une canule) dans lequel une foule d’instruments robotiques miniaturisés ont été insérés. Ces instruments sont déployés quand l’outil atteint la destination visée dans le corps. Après l’opération, les outils sont réinsérés dans la canule qui est retirée par le nombril. Cette forme d’opération sera utilisée principalement pour permettre aux chirurgiens de se familiariser avec l’utilisation d’instruments regroupés, ce qui sera nécessaire pour la prochaine étape.
  • CETON : cette chirurgie endoscopique transluminale par orifice naturel (CETON) est l’objectif visé, pour laquelle la technologie est encore en voie de développement. Cette intervention chirurgicale, qui ne laissera aucune cicatrice, vise à insérer par la bouche, le vagin ou le rectum un seul outil contenant tous les instruments nécessaires. Par exemple, un outil inséré par la bouche pourrait être guidé jusqu’à l’estomac, où il ferait une petite incision qui lui permettrait d’aller plus loin dans le corps. En arrivant à la destination visée, de multiples instruments robotiques seraient déployés. Une fois l’opération terminée les instruments réintègreraient l’outil qui serait ramené dans l’estomac (où l’incision serait suturée), puis retiré par la bouche.

En devenant aujourd’hui l’un des chefs de file en matière d’interventions chirurgicales par accès unique, de dire le Dr Gotlieb, l’HGJ se positionne pour être en mesure d’effectuer éventuellement des opérations par canule simple et accès unique et des CETON, quand la nouvelle technologie robotique et les techniques chirurgicales auront été peaufinées, testés et approuvées.

« Il faudra peut-être encore attendre plusieurs années avant que ces opérations révolutionnaires soient pratiquées, mais nous voulons être à l’avant-scène de l’évolution de notre champ d’activités afin d’être en mesure de faire tout ce que nous pouvons dès que nous le pouvons pour nos patients. »

Previous article

Une nouvelle ligne de téléassistance aide les patients à gérer les symptômes liés à la chimiothérapie

Next article

Un regard sur la déficience visuelle

No Comment

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *