Avril 2016Pleins feux

Point culminant du long parcours vers le pavillon K

Le transfert de 203 patients se déroule sans la moindre anicroche

Après une décennie de planification, des années de travaux de construction, des mois de préparatifs laborieux, des semaines de simulation et une journée d’activités intenses, le pavillon K abrite désormais les Soins intensifs, les Soins coronariens, les Soins intensifs de néonatologie, le Centre des naissances, les salles d’opération et plusieurs services et unités de soins.

Le projet d’expansion le plus important, le plus ambitieux et le plus complexe des 81 ans d’histoire de l’HGJ a atteint son point culminant, le 24 janvier, lors du transfert de 203 patients à leur nouvelle chambre, en seulement 5 heures et demie.

Survenu près de deux ans après la relocalisation du Service de l’urgence au rez-de-chaussée du pavillon K, le déménagement a transformé instantanément la nouvelle aile, devenue le carrefour névralgique des activités consacrées aux soins critiques, à la chirurgie et aux naissances de l’HGJ.

Un élément essentiel au succès de la nouvelle installation est le sentiment de luxe que procure l’espace — l’espace réservé à chaque patient doté d’une chambre individuelle, l’espace favorisant la visite des proches à un patient en toute intimité, l’espace consacré aux appareils de survie pour faciliter les déplacements du personnel autour des lits, sans oublier l’espace qu’occupent les larges baies vitrées qui, par leur luminosité aérienne, rehaussent le moral des patients (dans leur chambre) et celui des employés (dans leur salon).

Durant les jours précédant le déménagement, les murs de l’Unité des soins intensifs ont été couverts de touchants messages d’adieu rédigés par le personnel. Des messages et des affiches semblables sont apparus sur les murs d’autres services et unités.

Durant les jours précédant le déménagement, les murs de l’Unité des soins intensifs ont été couverts de touchants messages d’adieu rédigés par le personnel. Des messages et des affiches semblables sont apparus sur les murs d’autres services et unités.

Pour de nombreux employés, la transition s’est révélé un événement chargé d’émotion — ce que Serge Cloutier, coordonnateur de l’équipe de l’UNSI qualifie de « sorte de sentiment doux-amer ». Voilà pourquoi, durant les jours qui ont précédé le déménagement en janvier, nombre d’affiches ou de messages d’adieu écrits à la main ont été apposés sur les murs de l’USI, de l’Unité 7 Nord-Ouest, de l’Unité des soins coronariens, du Centre des naissances et de plusieurs autres secteurs.

En voici quelques exemples : « Adieu mon premier chez-moi à l’extérieur de chez moi. » « Infirmière formée aux Soins intensifs et membre de l’équipe, de 1991 à aujourd’hui. » « C’est ici que j’ai fait mes premiers pas et que j’ai acquis une solide expérience en soins infirmiers. » « Tant de rires et tant de larmes – tant de souvenirs. »  « On ne quitte jamais tout à fait un endroit qu’on aime. » « La 1ère unité où je me suis sentie aussi à l’aise que chez moi. »

Entre-temps, Diane Brault, infirmière-chef de l’Unité des soins intensifs cardiovasculaires, et plusieurs de ses collègues attendaient avec impatience de pouvoir offrir des soins d’une plus grande efficacité et de qualité supérieure dans le pavillon K.

Mais tout est question de point de vue, comme dit si bien ce message (citant une chanson des Beatles) sur un mur de l’ancienne USI : « You say goodbye, I say hello, hello, hello. »

 Déménager, emménager

Le 24 janvier, quelques heures avant lever du jour, les membres du personnel ont commencé à arriver à l’HGJ pour préparer le transfert de plus de 200 patients du bâtiment principal vers le pavillon K.

Le 24 janvier, à 5 h 30, environ 90 minutes avant le début du déménagement, les membres du personnel se rassemblent dans l’Atrium pour déjeuner et prendre un t-shirt selon le code couleur de leur équipe respective.

Le 24 janvier, à 5 h 30, environ 90 minutes avant le début du déménagement, les membres du personnel se rassemblent dans l’Atrium pour déjeuner et prendre un t-shirt selon le code couleur de leur équipe respective.

Dès 5 heures 30, des dizaines d’employés s’étaient attablés dans l’Atrium devant un déjeuner chaud avant d’enfiler leur t‑shirt identifié selon un code couleur, portant le nom de leur équipe respective.

L’excitation et l’anticipation étaient palpables au moment où le Dr Lawrence Rosenberg, président-directeur général de Santé Centre-Ouest-Montréal, a souligné aux membres du personnel qu’ils s’apprêtaient à vivre « une expérience semblable à celle des fondateurs du premier hôpital, lorsqu’ils ont ouvert les portes aux patients pour la première fois, en 1934. »

« Aujourd’hui, nous sommes en quelque sorte des pionniers jetant les bases des futurs soins qui seront offert à notre collectivité dans cet hôpital, a-t-il poursuivi. N’oubliez jamais cette journée. C’est une journée historique à laquelle vous avez tous contribué. »

Alan Maislin, président du conseil d’administration de Santé Centre-Ouest Montréal, a invité les membres du personnel à « profiter pleinement de ces nouvelles installations et à s’en servir comme tremplin pour offrir les meilleurs soins possibles aux citoyens du Québec. »

Décrivant le déménagement imminent, Johanne Boileau, directrice des Soins infirmiers, l’a qualifié « d’expérience unique. Nous sommes sur le point de faire un grand voyage qui nous propulse du passé vers l’avenir, et je me sens privilégiée de faire partie de cette équipe ».

« Aujourd’hui, nous sommes en quelque sorte des pionniers jetant les bases des futurs soins qui seront offert à notre collectivité dans cet hôpital. »

Quant à Joanne Côté qui, à titre de directrice de la Transition, a supervisé les vastes préparatifs du déménagement, elle a reconnu que les anciennes unités allaient manquer à certains employés. « Il est normal d’éprouver une certaine ambivalence quand on laisse derrière soi un lieu de travail qui évoque tellement de bons souvenirs, a-t-elle précisé. Mais aujourd’hui, c’est un tout nouveau chapitre qui commence pour nous tous. »

Puis est arrivé le moment attendu depuis si longtemps — le déménagement de la première patiente, à 7 heures, depuis le Centre des naissances au cinquième étage du pavillon B.

Alors que l’on préparait le transfert de la patiente, Marie-Josée Bourassa, infirmière-chef du Centre, a senti comme « une véritable poussée d’adrénaline ». Quant à Paul Lao, membre de l’équipe du Transport, il a eu l’impression de « vivre un moment historique ».

Puis, ce fut une question de suivre les étapes d’un scénario soigneusement planifié  :

  • Pousser la civière du patient/de la patiente le long des couloirs des anciennes unités et du passage menant au nouveau bâtiment.
  • Prendre un ascenseur jusqu’à l’étage approprié dans le pavillon K.
  • Rencontrer l’équipe de l’accueil pour confirmer l’identité et la destination du patient.
  • Transporter le patient à sa nouvelle chambre et brancher les moniteurs et les autres appareils.

« Tout s’est déroulé de manière efficace et en douceur, raconte Chantal Piché, une future maman, qui figurait parmi les premières à arriver au nouveau Centre des naissances. Tout le monde semblait bien préparé et m’expliquait au fur et à mesure ce qui allait se passer. »

Le même scénario s’est répété inlassablement. Les patients arrivaient régulièrement toutes les deux minutes et demie, à l’exception de ceux qui, en raison de leur état critique, étaient transférés toutes les cinq minutes.

Un nourrisson dans son incubateur est transporté le long des couloirs du pavillon K vers la nouvelle Unité des soins intensifs de néonatologie.

Un nourrisson dans son incubateur est transporté le long des couloirs du pavillon K vers la nouvelle Unité des soins intensifs de néonatologie.

De nombreuses précautions ont été prises, comme l’explique Toula Trihas, chef d’Inhalothérapie  et d’Anesthésie. Ainsi, en transférant un nouveau-né entre l’ancienne et la nouvelle UNSI, son incubateur a été attaché à une navette spéciale équipée d’un système d’urgence pour le respirateur et les batteries du respirateur. Il y avait également de l’oxygène et de l’équipement pour la réanimation ainsi que des appareils permettant de surveiller les signes vitaux de l’enfant.

Accompagnée de son équipe, Silvana Perna, coordonnatrice de la prévention et du contrôle des infections, est arrivée tôt le matin pour vérifier si de nouveaux patients avaient été mis en isolement pendant la nuit à cause d’une infection.

Durant le déménagement, un membre de l’équipe de Mme Perna a été assigné aux patients en phase critique (code rouge) et un autre, aux autres patients (code bleu), pour veiller au transport adéquat des patients en isolement. « À la fin du déménagement, a indiqué Mme Perna, nous sommes retournés au pavillon K pour nous assurer que les patients avaient été isolés en bonne et due forme, et que les précautions appropriées étaient mises en place. »

Les proches des patients, transportés au nouveau pavillon, ont également été traités avec des gants blancs. Selon Lyne Charbonneau, infirmière clinicienne et coordonnatrice des patients, le personnel de l’UNSI a rencontré les parents des nourrissons, deux jours auparavant, pour leur expliquer à quoi s’attendre.

« Nous avons visité ensemble le pavillon K pour leur montrer la salle où serait leur bébé, raconte Mme Charbonneau. Les parents savaient qu’ils devaient nous attendre et que nous allions les appeler dès que tous les enfants seraient arrivés pour les rassurer et leur montrer que leur bébé était bel et bien installé dans nos nouveaux locaux. »

Armande Picard, la première patiente à pénétrer dans sa nouvelle chambre de l’Unité des soins coronariens du pavillon K.

Armande Picard, la première patiente à pénétrer dans sa nouvelle chambre de l’Unité des soins coronariens du pavillon K.

Selon le Dr Apostolos Papageorgiou, chef de Pédiatrie et de Néonatologie, ce fut de loin le déménagement (son quatrième à l’HGJ) le plus encourageant et le plus enthousiasmant. Pour la première fois, les incubateurs étaient disposés en groupes de six, chacun d’eux occupant une immense salle (appelé pod) où régnait une ambiance empreinte de sérénité. Rien à voir avec l’ancienne UNSI, où l’on avait entassé plus de 30 incubateurs dans une salle constamment bruyante et bouillonnante d’activités.

« C’est un aménagement extraordinaire, a dit le Dr Papageorgiou, enthousiasmé. Imaginez un peu mon émotion. Quelle amélioration remarquable pour les familles et pour les bébés! Nous avons enfin un service de néonatologie moderne. »

L’ambiance paisible de l’UNSI a également impressionné M. Maislin. « C’est magnifique. Il n’y a pas de mots pour décrire ce que je ressens. » Quant au Dr Rosenberg, il a trouvé l’Unité «  tout simplement spectaculaire », ajoutant que l’un des points exceptionnels du pavillon K « est de constater à quel point cet endroit est calme. Pendant le déménagement des patients, on aurait pu entendre une mouche voler. C’est incroyable. »

En examinant leurs nouveaux locaux, les médecins ont aussi constaté la possibilité d’améliorer nettement la prestation des soins. « Les patients seront installés dans une unité qui est beaucoup moins bruyante, plus lumineuse et plus intime, a indiqué le Dr Denny Laporta, médecin aux Soins intensifs. Nous espérons que cet environnement favorisera la guérison et la communication. En bout de ligne, nous espérons que les patients pourront se rétablir plus facilement et plus rapidement. »

Quant au Dr Richard Sheppard, médecin traitant en Cardiologie, il prévoit une diminution des infections, puisque tous les patients occuperont une chambre individuelle. « L’intimité offerte par ces chambres à un lit est un atout incontestable. Et dans le cas des patients en phase critique, nous aurons plus d’espace qu’avant pour y installer des appareils qui, en général, prennent beaucoup de place dans l’Unité. »

À 12 h 32, tout était terminé. Le grand déménagement — 203 patients, dont 61 dans un état critique — s’était déroulé sans incident, permettant au personnel de prodiguer des soins dans leurs nouveaux locaux.

« Je suis très satisfaite du déroulement de la journée, a affirmé Mme Boileau, durant une pause après l’arrivée du dernier patient. Je suis particulièrement heureuse qu’il n’y ait pas eu d’incident. Le transport des patients est une activité à risque élevé, mais tout s’est bien passé. Je suis extrêmement contente et soulagée. »

P.-S. À 15 h 17, environ trois heures après la fin du déménagement, Cynthia Dahan et David Ohayon sont devenus les fiers parents d’une petite fille, le premier bébé à naître dans le pavillon K.

Cynthia Dahan et David Ohayon avec leur nouvelle fille, le premier bébé à naître dans le pavillon K.

Cynthia Dahan et David Ohayon avec leur nouvelle fille, le premier bébé à naître dans le pavillon K.

TD

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