La recherche à l'Institut Lady DavisOctobre 2016

Un mécanisme clé identifié dans les tumeurs au cerveau meurtrières

Un élément clé permettant de comprendre le développement du type de tumeur au cerveau le plus agressif qui frappe les adultes a été découvert à l’HGJ. En effet, les recherches dirigées par la Dre Arezu Jahani-Asl, de l’Institut Lady Davis, ont prouvé qu’une protéine particulière doit être présente pour que les glioblastomes puissent se développer.

Les recherches de la Dre Jahani-Asl, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Neuroscience, sont les premières à démontrer qu’une protéine appelée récepteur de l’oncostatine M (OSMR) est nécessaire à la formation des tumeurs glioblastomes, qui résistent à la radiothérapie et à la chimiothérapie et sont difficiles à retirer par une intervention chirurgicale.

« Le fait que la plupart des patients vivent seulement 16 mois après le diagnostic est tout à fait déchirant. Nous devons mieux comprendre ce qui se passe réellement à l’intérieur de ces tumeurs », a déclaré la docteure Jahani-Asl.

Les chercheurs savaient depuis un certain temps qu’une variation d’un gène mutant, appelé EGFRvIII, produisait une importante protéine formant des tumeurs dans le glioblastome. Mais les traitements visant à désactiver l’EGFRvIII chez les patients ont été complètement inefficaces. L’étude de cellules souches de tumeurs prélevées chez des patients atteints de glioblastome a révélé que l’EGFRvIII devait se lier à l’OSMR avant de pouvoir envoyer des signaux provoquant la formation de tumeurs.

En analysant 339 échantillons de patients, les auteurs ont conclu que plus l’expression de l’OSMR était importante, plus le patient décédait rapidement. Cela a été confirmé dans des études sur des souris, où les animaux à qui on avait injecté des cellules souches de tumeurs cérébrales humaines à faible expression de l’OSMR vivaient 30 pour cent plus longtemps que celles qui avaient reçu une injection de cellules souches tumorales ayant une expression normale de l’OSMR. Bloquer l’activité de l’OSMR permettait d’éviter que l’EGFRvIII provoque la formation de tumeurs dans le cerveau des souris.

Les chercheurs ont conclu que ces deux gènes, OSMR et EGFRvIII, conspiraient pour favoriser la croissance tumorale par le biais de ce qu’on appelle un mécanisme de « régulation positive » : lorsque l’OSMR produit sa protéine, il envoie un signal à l’EGFRvIII pour qu’il s’active et produise sa protéine formant des tumeurs.

La docteure Jahani-Asl s’attache désormais à mettre au point des anticorps et de petites molécules conçus pour inhiber la protéine OSMR ou son interaction avec l’EGFRvIII, une étape visant à se rapprocher de l’objectif ultime de trouver des façons de traiter ces tumeurs. « Si nous constatons qu’ils peuvent renverser la formation de tumeurs chez les modèles de rongeurs », dit-elle, « nous finirons par être en mesure d’adapter ces techniques pour les tester auprès des patients. »

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