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Un souvenir réconfortant pour les familles en deuil

Voyant que Jeff Sankoff n’avait plus d’autre choix que d’arrêter les soins médicaux de soutien des fonctions vitales de son père, le personnel de l’Unité de soins intensifs de médecine et de chirurgie de l’HGJ (l’USIMC) lui proposa un souvenir très spécial – un oreiller en forme de cœur sur lequel l’empreinte de la main de son père serait peinte.

En fin de compte, chacun des sept petits-enfants du père de M. Sankoff a reçu un oreiller, optant pour des empreintes de couleur jaune, bleu, rose et autres.

« Lorsque l’idée m’a été exposée, je savais que mes enfants chériraient aussi ce souvenir, explique M. Sankoff. Et ils tiennent à leurs oreillers aujourd’hui encore; pour nous, ce geste fut très apaisant. »

L’unité propose depuis 2015 ces oreillers aux êtres chers de patients décédés, un souvenir précieux qui les aide à vivre leur deuil.

La plupart du temps, avec le consentement de la famille, l’empreinte est prise dans la chambre du patient à son décès, en présence des membres de l’équipe de soins. Parfois, l’empreinte est faite lorsque le patient est dans le coma.

À l’Unité de soins intensifs de médecine et de chirurgie de l’HGJ, les membres de la famille d’un patient décédé à l’Hôpital peuvent demander un oreiller en forme de cœur portant l’empreinte de la main du défunt.

À l’Unité de soins intensifs de médecine et de chirurgie de l’HGJ, les membres de la famille d’un patient décédé à l’Hôpital peuvent demander un oreiller en forme de cœur portant l’empreinte de la main du défunt.

« L’idée peut sembler un peu morbide, reconnaît Pina D’Orve, travailleuse sociale, USIMC. Mais, d’après notre expérience, elle aide autant les familles que notre personnel à surmonter leur deuil. »

Premièrement, la main du patient est enrobée de peinture à base d’eau. Puis, très rapidement, l’infirmière presse la main fermement sur l’oreiller pendant environ 10 secondes pour s’assurer que la peinture a bien été transférée. Invités à participer, les membres de la famille peuvent soit tenir la main de l’être cher, soit la peindre, soit tout simplement assister au processus.

« Les gens nous racontent de beaux souvenirs, qu’ils n’auraient autrement pas partagés, souligne Mme D’Orve. Souvent, le membre de la famille choisit une couleur de peinture qui évoque l’être cher. Par exemple, le bleu et blanc représentent le drapeau de la Grèce, le vert, l’amour du jardinage du patient et le bleu ciel, la couleur des yeux du défunt. »

« Les couleurs symbolisent la personne, note Mme D’Orve, et celles des drapeaux sont très populaires. »

Depuis le lancement de cette initiative, l’équipe a donné des oreillers – fournis par l’Auxiliaire de l’HGJ – aux familles d’environ 75 patients.

« C’est souvent avec l’oreiller serré très fort contre elles que les familles s’en vont, relate Mme D’Orve. Mes appels de suivi confirment qu’elles apprécient vraiment ce souvenir. »

Jusqu’à huit oreillers ont été donnés à une seule famille, mais, en moyenne, la demande s’établit à trois par patient.

« Il n’y a pas de limite, dit Mme D’Orve. Certes, cela prend du temps, surtout si chacun des membres de la famille demande une couleur différente. Mais cela vaut la peine, parce qu’en définitive, les familles conservent l’empreinte de main unique de leur être cher. »

Ce sont les employés de l’USIMC qui financent le matériel de peinture. De temps à autre, ils apportent des pâtisseries ou autres articles pour les vendre aux membres de l’équipe puis utilisent les fonds amassés pour acheter du nouveau matériel.

« C’est une initiative enrichissante pour nous, affirme Mme D’Orve. Nous espérons la poursuivre aussi longtemps que possible. »

Le diaporama ci-dessous présente de plus près le processus d’impression de l’oreiller.

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