Juillet 2017La recherche à l'Institut Lady Davis

Une nouvelle ligne directrice recommande de ne pas procéder au dépistage systématique de l’hépatite C

Le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs a recommandé de ne pas procéder au dépistage de l’infection chronique par le virus de l’hépatite C (VHC) chez les adultes à faible risque. Les détails ont été publiés dans la revue Journal de l’Association médicale canadienne.

« Compte tenu de l’absence de preuve directe voulant que le dépistage de masse soit bénéfique et que les patients chez qui le virus est découvert lors du dépistage puissent soit ne jamais développer les symptômes de l’hépatite C ou demeurer en bonne santé pendant des décennies après l’infection, nous avons recommandé de ne pas procéder au dépistage du VHC chez les adultes qui ne sont pas à risque élevé », a déclaré le Dr Roland Grad, un médecin familial de l’HGJ et responsable du groupe de travail sur la ligne directrice.

« Ce n’était pas une décision facile, mais une évaluation détaillée de la preuve nous a permis de conclure que les inconvénients — y compris le surdiagnostic et les coûts pour le système de santé de dépister tout le monde indépendamment du profil de risque — l’emportaient sur les avantages qu’on en retirait pour les quelques cas supplémentaires qui pouvaient être diagnostiqués. »

La recommandation est fondée sur les éléments suivants :

  • la faible prévalence de l’hépatite C au Canada, soit environ 6 à 7 cas par 1 000 adultes;
  • l’absence de preuve directe sur les avantages et les inconvénients du dépistage;
  • de nombreuses personnes atteintes d’hépatite C chronique identifiées par le dépistage n’auraient pas accès en temps opportun à un traitement antiviral;
  • le potentiel de préjudices associés au dépistage pourrait comprendre le fait d’être catégorisé comme atteint d’une infection à l’hépatite C, la stigmatisation et les difficultés en matière d’assurance;
  • le faible risque de transmission sexuelle et à domicile du VHC chez les personnes qui ne sont pas à haut risque, ainsi que le faible risque de transmission par les produits sanguins étant donné le dépistage systématique du sang et des organes; et
  • l’augmentation anticipée du préjudice découlant du diagnostic et du traitement des personnes qui sont déclarées positives, mais qui n’auraient jamais développé la maladie liée au VHC au cours de leur vie.

L’Agence de santé publique du Canada recommande le dépistage chez les personnes à risque accru, y compris les personnes ayant des antécédents de consommation de drogues par voie intraveineuse, les personnes qui ont des comportements sexuels à haut risque, celles qui ont passé beaucoup de temps dans les pays où le VHC est prévalent ou qui ont reçu des traitements médicaux dans ces pays, ainsi que les femmes enceintes.

La recommandation est également discutée dans un balado anglais.

Previous article

Nomination

Next article

Le rabbin Myer Schecter : la mémoire de l’avenir

No Comment

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *