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Une première au Québec : formation médecin-infirmier-ère pour améliorer les soins aux patients

La relation professionnelle entre les médecins et les infirmiers et infirmières prend une toute nouvelle dimension au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal grâce à une initiative—la première en son genre au Québec—dans le cadre de laquelle un gastroentérologue enseigne au personnel infirmier les rudiments de sa spécialité afin d’améliorer la qualité des soins aux patients.

Voir des médecins faire des tournées avec des résidents et étudiants est pratique courante, surtout dans les hôpitaux d’enseignement comme l’HGJ, mais les voir transmettre leur savoir spécialisé à des infirmiers et infirmières était impensable—du moins jusqu’à maintenant.

L’ère où le personnel infirmier et les professionnels paramédicaux étaient souvent considérés comme inférieurs aux médecins est révolue. Aujourd’hui, même si les médecins restent indiscutablement maîtres de leur spécialité, ils font partie d’une équipe de soins de santé multidisciplinaire qui compte sur l’apport unique et précieux de chacun de ses membres pour assurer le bien-être du patient.

Le Dr Gad Friedman, gastroentérologue à l’HGJ, a proposé à la direction des Services infirmiers de l’Hôpital l’idée d’offrir aux infirmiers-ères une formation générale dans sa spécialité. « Le travail des membres de l’équipe de gastroentérologie est quelque peu unique en ce sens qu’ils se retrouvent un peu isolés dans un monde technique, d’où la nécessité d’élargir leurs connaissances », explique-t-il.

Ayant cerné le besoin de cours plus théoriques spécialisés pour les 16 infirmiers et infirmières de l’équipe, le Dr Friedman conçoit un programme de 37 conférences matinales facilement digestibles pour consolider leur formation clinique.

Les cours s’articulent autour des différents organes du système digestif, par exemple l’œsophage. Ils commencent par l’étude de la physiologie et de l’anatomie de l’organe, suivie d’un examen des maladies qui lui sont associées, allant des plus bénignes (comme le reflux acide) aux plus graves (comme le cancer).

Le programme s’étend sur quatre ans et le Dr Friedman donne huit conférences par année à l’HGH. Le cours, désormais accrédité, se termine par un jeu-questionnaire de type ‘Jeopardy’ visant à vérifier les connaissances des infirmiers-ères, qui doivent par ailleurs répondre à un examen à la fin de chaque conférence.

Collaborer pour offrir des soins d’excellence

Mildred Clément, l’une des premières infirmières à effectuer l’examen de certification infirmière en gastroentérologie, a commencé à s’intéresser à la recherche au début de sa carrière, alors qu’elle travaillait en endoscopie dans une clinique privée.

Toutefois, elle trouve plus gratifiant de travailler comme infirmière dans un hôpital où elle est appelée à soigner un bien plus grand nombre de patients en gastroentérologie.

Mme Clément est donc revenue à l’HGJ, où elle avait commencé sa carrière en soins de santé, mais a conservé son intérêt pour les études. « Je voulais comprendre le pourquoi de ce que je faisais ».

Elle a reçu sa certification en gastroentérologie un an après le début des conférences du Dr Friedman et rapporte que ses collègues, la voyant étudier pour son examen, ont également voulu obtenir leur certification.

Elle est reconnaissante envers le Dr Friedman, qui a appuyé la poursuite de ses études médicales spécialisées. « Son modèle de formation médecin-infirmier-ère est avant-gardiste et novateur ».

« Plus le personnel infirmier élargit ses connaissances médicales sur les affections et problèmes gastroentérologiques, plus il est en mesure de venir en aide directement aux patients. »

« Bien que la formation du personnel infirmier soit assez exhaustive en ce qui concerne les techniques requises pour seconder les médecins, les examens endoscopiques par exemple, elle comportait des lacunes au niveau des descriptions des maladies,  explique le Dr Friedman. Plus le personnel infirmier élargit ses connaissances médicales sur les affections et problèmes gastroentérologiques, plus il est en mesure de venir en aide directement aux patients. »

En effet, le Dr Friedman confirme avoir vu l’équipe traiter plus efficacement les complications que peut subir un patient pendant une intervention. Il souligne aussi que les infirmiers-ères sont plus à même de soulager la douleur d’un patient pendant une colonoscopie ou d’intervenir en cas de perte de conscience.

« Avant le cours, ils n’avaient pas toujours les réponses, dit le Dr Friedman. Quels sont les symptômes de la maladie intestinale inflammatoire, par exemple?  Quels sont les effets de polypes du côlon sur la santé? Il est très important qu’ils puissent répondre aux patients et les guider dans les soins qu’ils doivent recevoir, car certains patients ont plus tendance à se tourner vers un infirmier ou une infirmière plutôt qu’un médecin pour s’informer sur leur affection ou une intervention qu’ils doivent subir ».

Près d’un tiers des infirmiers-ères en endoscopie de l’HGJ aussi ont pris l’examen en soins infirmiers gastroentérologie de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, qui réunit 45 associations nationales dans des domaines spécialisés de la profession. L’examen vise à évaluer la capacité de pratiquer de manière sûre et éthique dans une spécialité infirmière donnée.

« Ces professionnels ont choisi volontairement de prendre l’examen – il n’est pas obligatoire, ni requis pour pouvoir bénéficier d’une promotion, souligne le Dr Friedman. Ils tiennent simplement à acquérir un savoir plus pointu dans leur spécialité afin de pouvoir devenir plus proactifs dans les soins aux patients ».

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